Finances paroissiales, état précaire
Jean-Guy Martin
jean-guy.martin@cybersadp.com

Financièrement,
l’alarme sonne

 

Au cours de la fin de semaine dernière, notre pasteur, l'abbé Urbain Mumina Balel'ende, après son homélie, nous a sensibilisé sur les résultats de nos différents moyens de financement pour nos opérations courantes. À la messe à laquelle j'ai assisté, les paroissiens ont admis d'emblée que nos finances n'étaient pas en santé. Il en a sûrement été de même aux autres messes.

Nos revenus, il faut l'admettre, ne sont pas à la hauteur de nos besoins réels. Au point que le jeudi 11 septembre, l'ensemble de notre personnel n'a pas pu recevoir son salaire par manque de fonds. Notre marge de crédit (25 000 $) est totalement utilisée, et tous les chèques que nous émettrions n'auraient pas de fonds. Les factures courantes (téléphone, électricité, chauffage1 , etc. ) continuent tout de même d'entrer.

Dans l'immédiat, nous avons collectivement, comme paroisse, trois gros défis à relever :

1. Le remplacement du système de chauffage de l'église de Sainte-Anne-des-Plaines. Nous n'aurons pas les moyens de nous procurer du mazout, surtout au prix anticipé par les experts, l'hiver prochain. L'item chauffage a généré en 2007 et 2008 des déficits qu'il nous est désormais impossible d'éponger. Nous n'aurons d'autre choix que de ne pas chauffer l'église de Sainte-Anne-des-Plaines cet hiver, au risque de voir accélérer la détérioration de ce précieux bâtiment. Un système de chauffage efficace et économique nous coûterait plusieurs centaines de milliers de dollars que nous n'avons pas. Une subvention de 25 % pourrait être disponible.

2. Nous pourrions bénéficier d'une subvention gouvernementale ( Patrimoine religieux, ministère des Affaires culturelles) de l'ordre de 70 % pour entretenir et réparer l'église de Sainte-Anne-des-Plaines. Une évaluation des travaux requis, que je qualifie d'urgents, prioritaires et nécessaires, s'élève à plus de 2 400 000 $. Pour réaliser ces réparations et bénéficier d'une subvention, il nous faut donc trouver rapidement le financement de 30 % du coût de l'estimation, soit 720 000 $. Si nous laissons passer cette subvention, nous n'aurons jamais plus les moyens de réaliser ces travaux. Pensez-vous que nous pourrons un jour recueillir 2 400 000 $ ?

3. Depuis cette année, les cours de catéchèse sont remplacés dans nos écoles par des cours d'Éthique et culture religieuse qui enseigneront à nos jeunes les principes et les valeurs mises de l'avant par toutes les grandes religions : l'islam, le judaïsme, l'hindouisme, le christianisme, le bouddhisme, etc. Ce cours n'aura pas pour but d'inculquer la foi de ces grands courants ni même d'éduquer sur la foi propre à chacune des religions; mais il informera les jeunes sur les principes de ces grandes religions. Si nous voulons que nos jeunes acquièrent les valeurs chrétiennes et les traditions catholiques dont nous-mêmes avons hérité de nos parents et ancêtres, il faudra que les parents et les communautés paroissiales acceptent de suppléer à l'enseignement qui n'a plus cours dans nos écoles. Nous devons proposer une bonne formation catéchitique non seulement à nos jeunes, mais également à toute personne en manque de spiritualité qui le désire. Pour ce faire, nous avons besoin d'un personnel qualifié et disponible.

Comme vous pouvez le constater, nous aurons collectivement à prendre des décisions qui auront un impact certain sur la vie de notre communauté paroissiale. Pour chacun des trois sujets ci-dessus, une assemblée de paroissiennes et de paroissiens sera très prochainement tenue. D'ici là, nous vous demandons de soutenir financièrement votre paroisse. Nos employés et nos employées sont des personnes dévouées qui méritent, comme tous les autres travailleurs, leurs salaires. Ce n'est pas parce qu'ils travaillent à l'église qu'elles ou qu'ils doivent sacrifier leurs revenus qui, il faut le reconnaître, est bien en deçà du temps réel qu'ils investissent en services pour leur communauté. Pensons-y loyalement, sans faux-fuyants.

Jean-Guy Martin
Président du Conseil de Fabrique

 

1 Réparti sur douze mois pour en minimiser l'impact.

Le Cyber journal SADP (www.cybersadp.com) - Tous droits réservés - 10.09.2008