Notre église est à vendre

Jean-Frédéric Martin
jean-frederic.martin@mediaTIC.ca


Une église bondée

Bâtiment historique à vendre;
Année de construction: 1902;
Toujours sorti l'hiver, mais bien entretenu;
A toujours été occupé par un curé et ses paroissiens, qui aimeraient bien en demeurer locataires.

C'est dans une église bondée, le dimanche 7 décembre dernier, que s'est tenu une rencontre extraordinaire des paroissiennes et des paroissiens. L'objectif de la rencontre était, d'une part, d'informer les paroissiens des derniers développements concernant les problèmes financiers de la paroisse. Dans un deuxième temps, le Conseil de Fabrique désirait les consulter quant aux éventuelles démarches des prochains mois.

Pour l'occasion, plusieurs intervenants du diocèse de Saint-Jérôme s'étaient déplacés afin d'être présents. Parmi eux, l'évêque auxiliaire, Monseigneur Donald Lapointe. Après l'ouverture de l'assemblée par le président du Conseil de Fabrique, monsieur Jean-Guy Martin, de courtes allocutions ont été prononcées par le curé Urbain Mumina, de même que par la coordonnatrice à la pastorale, madame Micheline Savoie.

L'Église vs l'église
Dans son allocution, l'abbé Mumina a insisté sur la mission première de l'Église, qui est d'offrir les services pastoraux aux paroissiens. Suite au retrait de plusieurs de ces services dans les écoles, l'Église doit maintenant assumer seule la préparation aux différents sacrements. Selon lui, la primauté des ressources humaines ne fait aucun doute. " L'Église doit toujours passer avant l'église ", a répété le prêtre, précisant ainsi que le bâtiment, aussi beau soit-il, ne doit être considéré que lorsque l'assurance du maintien des services pastoraux et de la transmission du message de l'Église aura été obtenue.

La situation des employés
Micheline Savoie, quant à elle, a tenu à remettre les pendules à l'heure concernant les employés de la paroisse et les salaires qu'ils reçoivent. Précisant qu'elle voulait ainsi contrer certaines rumeurs qui propageaient des informations erronées dans la ville, madame Savoie a présenté la description de tâche complète de chacun des employés de la Fabrique, ainsi que le nombre d'heures qui leur est reconnu pour les accomplir.

Détaillant le tout, madame Savoie a tenté de démontrer que pour plusieurs d'entre eux, principalement depuis les dernières coupures, les heures de bénévolat représentent une portion très importante du travail effectué. Elle a de plus précisé qu'une formation était nécessaire pour dispenser les préparations aux différents sacrements.

Des chiffres inquiétants
C'est le marguillier Patrick Boisvert qui a ensuite pris la parole pour présenter, au nom du Conseil de Fabrique, deux propositions pour tenter de relancer la paroisse. Auparavant, monsieur Boisvert a présenté quelques données chiffrées des dernières années. D'abord, au moment de la fusion des paroisses de Sainte-Anne-des-Plaines et de Très-Saint-Sacrement, en 2005, les liquidités totales des deux entités totalisaient 87 000 $. Depuis, les désengagements de l'État et des paroissiens ont résulté en une hausse importante des coûts de fonctionnement, ainsi qu'en une baisse non moins significative des revenus, ce qui a eu pour effet de vider les coffres de la paroisse.

À titre d'exemple de désengagement, sur les 23 000 familles que compte la paroisse, ce ne sont que 779 dons qui ont été reçus lors de la dernière campagne de la dîme. « Et certains de ces dons provenaient de gens qui habitent à l'extérieur de la paroisse », d'ajouter Patrick Boisvert. Quant à la préparation pour les différents sacrements, le Conseil de Fabrique a dû composer avec des ressources largement en deçà de celles dont disposaient les écoles qui offraient les mêmes services, il y a quelques années. Selon monsieur Boisvert, les services pastoraux qui étaient offerts par le personnel des écoles peuvent être évalués à 250 000 $ annuellement, alors que la paroisse ne disposait que de 63 000 $ à mettre dans cette rubrique, cette année.

Poursuivre les activités pastorales avec des employés rémunérés
Après une période de questions au cours de laquelle plusieurs paroissiens ont tenu à s'exprimer, parfois avec colère, il fut décidé majoritairement de tenter de recueillir les fonds nécessaires pour poursuivre les activités pastorales de la paroisse, avec le personnel requis et rémunéré pour le faire. À cet égard, un comité de relance devra être mis sur pied au plus tard le 31 janvier 2009. Si ce comité ne voit pas le jour ou échoue dans sa tentative, ce sont tous les emplois de la paroisse, y compris ceux du curé et du sacristain, qui sont menacés.

Unanimité pour la vente de l'église
Ensuite, dans une proposition qui a causé toute une surprise dans l'assemblée, le Conseil de Fabrique a demandé un mandat pour entamer des pourparlers avec la MRC Thérèse-de-Blainville, dans le but de leur céder le bâtiment de l'église de Sainte-Anne-des-Plaines pour la somme symbolique de 1 $. On veut par cette action confier aux villes l'entretien du bâtiment, tout en continuant d'y tenir des messes et autres cérémonies religieuses. Une fois la surprise passée, les paroissiens ont appuyé unanimement cette proposition.


Pour toute question, proposition ou aide au comité de relance, vous pouvez joindre la paroisse Sainte-Anne en composant le 450-478-1525.

Le Cyber journal SADP (www.cybersadp.com) - Tous droits réservés - 16.12.2008