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Les
faits :
Le soir du 28 août dernier, le Père Clément Bolduc, des Missions
étrangères, est allé rendre visite aux travailleuses guatémaltèques
et mexicaines de l'entreprise FraiseBec. Accompagné d'un ami, Roberto
Nieto, ainsi que du journaliste André Noël, le Père Bolduc
s'est rendu aux logements des travailleuses. Les femmes auraient
invité les trois hommes à les suivre dans un des bâtiments qui leur
sert de cuisine. Une quarantaine de travailleuses visiblement peu
habituées à la présence de visiteurs, se sont rassemblées autour
d'eux. Évidemment, ces femmes souhaitent toujours multiplier les
occasions d'entendre parler espagnol et comme le Père Bolduc le
parle couramment, puisqu'il a été missionnaire au Pérou pendant
plusieurs années, elles semblaient selon lui contentes de pouvoir
discuter avec eux.
Le Père Clément
Bolduc a expliqué au Cyber Journal SADP qu'il visitait ainsi
les travailleurs agricoles latino-américains de la région du Grand
Montréal depuis une dizaine d'années, dans l'unique but de briser
leur isolement et de les accompagner en leur apportant réconfort,
soutient moral et spirituel.. Il faut comprendre qu'un travailleur
étranger est privé pendant plusieurs semaines, voire même plusieurs
mois, de contacts familiaux et amicaux nécessaires à tout être humain
et malheureusement, le quotidien d'un tel travailleur se résume
souvent à : travailler-manger-dormir. " Ce ne sont pas seulement
des travailleurs, ce sont également des personnes humaines "
de préciser l'abbé Bolduc.
Les travailleuses
ont donc discuté avec eux. Selon l'article de Monsieur Noël, à la
question : " Pouvez-vous quitter la ferme à votre guise ? ",
elles auraient répondu que cela leur était strictement interdit,
à moins d'avoir une autorisation de leurs patrons.
" Qu'arriverait-il si elles ignoraient cette consigne? "
l'une d'entre elles aurait répondu qu'elles seraient congédiées
et renvoyées dans leur pays."
Quelques minutes
plus tard, Madame Isabelle Charbonneau, copropriétaire et
dirigeante de l'entreprise, a surgi dans la pièce et a exigé le
départ immédiat des trois visiteurs en vociférant qu'ils étaient
sur une propriété privée et qu'il leur fallait une autorisation.
Sur ce, le père Bolduc a répondu que les travailleuses, étant chez
elles, pouvaient décider et exprimer le désir qu'ils quittent…ce
qu'elles n'ont manifestement pas fait. Madame Charbonneau a donc
quitté le bâtiment, laissant un contremaître sur place.
Les travailleuses
ont continué de discuter avec les trois visiteurs et ont ensuite
entonné une chanson avec le Père Bolduc. C'est alors que deux policiers
du service de police Terrebonne / Sainte-Anne-des-Plaines / Bois-des-Filion,
accompagnés de Madame Charbonneau, sont arrivés et ont demandé aux
visiteurs de quitter les lieux.
Monsieur Clément
Bolduc a confié au Cyber Journal SADP qu il na pas été surpris
de voir arriver la police sur les lieux. L'abbé Bolduc avait
tenté de voir ces femmes il y a 5 ans. Il a raconté s'être
présenté au bureau de Fraisebec avec deux religieuses afin d'obtenir
une autorisation qui lui aurait été refusée. Monsieur Bolduc a précisé
à notre journaliste qu'il fait ce genre de visite régulièrement
dans plusieurs fermes de la région de Montréal et qu'à chaque fois,
il avise les propriétaires ou personnes responsables de sa présence.
Selon lui, cette formalité relève de la courtoisie et non de l'obligation
:
" Depuis quand faut-il l'autorisation du propriétaire pour visiter
des locataires?"
Le lendemain,
le Père Bolduc est retourné discuter avec Mesdames Isabelle
et Louise Charbonneau. Il n'a toutefois pas rencontré les travailleuses,
puisque durant la journée, elles sont au travail dans les champs.
Isabelle Charbonneau a assuré au Père Bolduc qu'on lui donnerait
l'autorisation d'aller visiter les travailleuses, s'il la demandait.
Monsieur Bolduc, toujours optimiste, y a vu un signe d'ouverture.
Réactions
de Madame Isabelle Charbonneau :
Suite à cet article, Madame
Isabelle Charbonneau a accordé une entrevue à l'émission Gauthier,
diffusée sur TQS le jeudi 30 août, afin d'expliquer en détails
les circonstances de l'arrivée à l'improviste des trois individus.
Elle y a entre autres mentionné que plusieurs travailleuses,
contrairement aux prétentions de l'article de La Presse,
étaient plutôt embarrassées par la présence
des trois hommes.
Cependant, Madame
Charbonneau n'a pas retourné les appels de demandes d'entrevue
du Cyber journal SADP.
La
Fédération des Femmes du Québec et Amnistie Internationale grandement
préoccupées :
| La
Fédération des femmes du Québec et Amnistie internationale ont
été alarmées en apprenant qu'un prêtre ainsi que deux autres
personnes avaient été expulsés alors qu'ils étaient venus rendre
visite aux travailleuses guatémaltèques et mexicaines employées
par la ferme FraiseBec . Après tout, elles étaient dans leurs
logements. |
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Même si Madame
Isabelle Charbonneau, une des propriétaires de la ferme, a affirmé
qu'elle agissait pour la sécurité des femmes en contrôlant toutes
les visites, la présidente de la FFQ , Madame Michèle Asselin ,
a répliqué que " la sécurité des femmes est garantie d'abord
et avant tout par le respect de leur liberté et de leurs droits
". Évidemment, cet incident a soulevé de nombreuses questions
sur la situation des travailleuses guatémaltèques et mexicaines
à l'embauche de FraiseBec. Est-ce que ces travailleuses peuvent
quitter la ferme à leur guise ? Est-ce qu'elles peuvent rencontrer
qui elles veulent ? Seraient-elles séquestrées ? Est-ce que l'intervention
policière était justifiée ?
Les deux organismes
interpellent de toute urgence le ministre de la Sécurité publique,
le ministre du Travail du Québec ainsi que le ministre des Ressources
humaines du Canada afin qu'ils fassent la lumière sur cette situation.
Il en va du respect des droits fondamentaux de ces femmes. "Nous
sommes vraiment inquiètes de cette situation révélée par La
Presse et par d'autres situations similaires qui pourraient avoir
cours dans d'autres fermes québécoises. Le recours à la main-d'œuvre
immigrante n'autorise aucunement à des exemptions de respect de
leurs droits en tant que personnes", de conclure Béatrice Vaugrante,
directrice générale d'Amnistie internationale.
Ont
collaboré à ce reportage: Linda Boyer, Albert Rossi,
Monique Veilleux.
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