Messe commémorative à Sainte-Anne-des-Plaines

Il y a 25 ans, l'émeute d'Archambault

Linda Boyer
linda.boyer@mediaTIC.ca
et
Presse canadienne
Il y a eu 25 ans mercredi dernier, l'une des pires émeutes à survenir dans l'histoire carcérale canadienne coûtait la vie à trois gardiens et à deux détenus de l'Institut Archambault. Une messe commémorative avait donc lieu en l'église de Sainte-Anne-des-Plaines, le 25 juillet dernier.

(Photo: Syndicat des agents correctionnels du Canada)

Le soir du 25 juillet 1982, des prisonniers munis d'armes blanches de fabrication artisanale tentaient une évasion massive au moment de réintégrer leur cellule. Ils ont assailli des employés non armés et amorcé une prise d'otages. Cependant, des gardes avaient réussi à bloquer des sorties et l'accès à l'arsenal.

Après un peu plus d'une heure, les 150 à 200 prisonniers étaient refoulés dans la cour extérieure, avant d'être fouillés et ramenés dans leur cellule. Ce n'est qu'une fois l'ordre rétabli que les autorités ont trouvé deux détenus condamnés à la prison à perpétuité, qui venaient de se suicider en s'empoisonnant au cyanure. Il s'agissait de Christian Perreault, condamné pour le meurtre d'un policier, et d'Yvon Martin, coupable de deux homicides.

Mais avant de mourir, ils s'étaient déchaînés contre des gardiens. Deux gardes avaient péri de multiples coups de couteaux et un troisième était retrouvé pendu. Sept autres avaient été blessés.

L'une des victimes assassinées, Léandre Leblanc, âgé de 60 ans, en était à sa dernière heure de travail avant la retraite, après 25 ans de service dans le système carcéral. De plus, il ne devait pas travailler ce soir-là, mais avait accepté d'échanger son quart de travail avec un collègue.

Les autres gardiens assassinés se nommaient Denis Rivard, âgé de 27 ans, et David Van Den Abeele, qui avait 36 ans. Des funérailles nationales avaient été tenues pour les trois gardiens, en l'église de Sainte-Anne-des-Plaines.

La cérémonie, empreinte d'émotions, avait été présidée par l'abbé Paul Delage, aumônier de l'Institut Archambault, ainsi que par André Vézina, curé de Sainte-Anne-des-Plaines. Des collègues et des représentants de corps policiers étaient venus de partout au Canada. Les 2e et 3e avenues, les avenues Richard et Therrien, ainsi que la rue des Cèdres, étaient devenues pour l'occasion d'immenses terrains de stationnement. Des agents de la Gendarmerie royale du Canada dirigeaient la circulation à chaque intersection.

Un peu plus de quatre ans plus tôt, en février 1978, le directeur de l'institut Archambault avait été assassiné devant son domicile. Construit en 1969 comme pénitencier à sécurité maximale, l'établissement Archambault a été converti en pénitencier de sécurité moyenne en 1991. La capacité cellulaire est présentement de 425 cellules. L'établissement est responsable des services régionaux de santé mentale pour les Services correctionnels du Canada, dont la gestion du contrat de service avec l'Institut Philippe Pinel de Montréal.

Depuis la tragédie du 25 juillet 1982, des modifications ont été apportées au système de sélection des détenus, ainsi qu'à l'équipement des gardiens.

 


 

Le Cyber journal SADP (www.cybersadp.com) - Tous droits réservés - 31.07.2007

Reportages:





• Radio-Canada (25 juillet 1982)

• Claude Poirier se souvient

• Harold Gagné (TVA) rencontre un survivant de l'émeute

• Le Grand Journal de TQS

 

 

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